Né à Nantes en 1974, Olivier Petiteau vit et travaille à Cholet.

Il est représenté par la galerie Oniris à Rennes et la galerie

Wagner (Paris/Le Touquet).

Extrait du dossier de presse de l'exposition "Raccourcis", galerie de l'école d'art du choletais. Oct.2013

Au milieu des années 90, Olivier Petiteau étudiait la philosophie, écrivait des recueils de poésie. Passionné de musique, il avait une pratique, mais n’a pu se contenter de jouer. C’est alors qu’il a commencé à fabriquer ses propres machines sonores et à mécaniser ses instruments. De la conception à la réalisation, il a aisément glissé vers le territoire de l’art pour entretenir une relation plastique avec la musique. La question du mouvement et sa mécanisation sont à l’œuvre dès ses premières recherches. C’est donc assez naturellement qu’il s’est penché vers des réalisations en volume ayant un trait commun avec l’instrument de musique, la partition ou l’écriture du mouvement. Ainsi l’on peut considérer que son travail revêt un caractère polyphonique assumé, oscillant du produit manufacturé à l’objet usiné, du tangible à son interprétation.

Olivier Petiteau aime la répétition, mais ne supporte pas le radotage. Les objets qu’il "rejoue" et dont les formes sont puisées dans le réel, renouvellent notre perception du monde. Ils sont détournés de leur fonction : le piano ne sonne pas, et la machine à sous, peut-être jamais ne tintera. Du réel, Olivier Petiteau a ôté sa substance voisée et vibratoire. Les objets convoqués sont à la fois reconnaissables d’emblée et débarrassés de leurs détails clinquants. Ils sont là simplifiés, réduits à l’état de signe. À la manière de Marcel Duchamp, il cherche à "se dessaisir de la volonté créatrice". L’œuvre, à l’ère de sa reproductibilité, manuelle ou mécanique, se passe volontiers des affects de l’artiste. Sa rencontre avec François Morellet viendra appuyer cette volonté.

Conscient de l’ancrage de la culture de l’information et du développement technologique dans la vie quotidienne, Olivier Petiteau a su s’armer d’humour et prendre une distance ironique avec le décryptage du monde tel que transmis par les médias. Beaucoup d’informations sont dites bruyantes et possèdent un pouvoir d’abrutissement sans commune mesure. Adeptes des analyses simplifiées, de nombreux médias martèlent à quel point l’économie capitaliste est en crise. Dans un même mouvement, ils encouragent des activités ludiques, calquées sur ce modèle, dont le Casino pourrait être un paradigme : il incarne l’addiction, l’obsession de l’argent et réunit des symboles aussi repoussants qu’attirants. Les œuvres d'Olivier Petiteau apparaissent comme des mise en scène de la vie matérielle.

Si le Nouveau Réalisme proclame un vocabulaire artistique et critique augurant de nouvelles approches perceptives du réel où sont prélevés des objets, Olivier Petiteau se positionne "dans l'univers du langage pour appréhender la réalité". Il ajoute que la réalité est "le langage que l'on pose sur les choses".

Edwige Fontaine et Isabelle Tellier, Room Service AAC.